Rencontre avec Nadza Sosevic, chargée d’accueil et de réservation

Derrière le rideau, le ZOOM est composé d’une équipe de professionnel·le·s motivé·e·s, aux compétences complémentaires et aux valeurs partagées. Nos journées ne se ressemblent jamais : accueil des publics, création de projets, gestion d’équipe et de la structure, rencontre avec des partenaires, veille culturelle, médiations auprès des publics, etc.

En 2026, le ZOOM fête ses 30 ans. L’année sera festive et riche en émotion. Alors pourquoi ne pas vous partager nos coulisses et nos souvenirs marquants dès maintenant ?

On se lance ! Pour commencer ce cycle, nous vous présentons Nadza Sosevic, la première personne que vous rencontrez lors de votre visite au ZOOM, mais aussi celle qui y a fait sa carrière depuis l’ouverture du CCSTI.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Nadza, peux-tu nous faire une présentation de toi et du poste que tu occupes ?

Nadza Sosevic : Je suis à l’accueil du ZOOM depuis le début, j’ai appris au fil du temps. Je suis arrivée le 14 mai 1996. J’accueille le grand public et les classes, tiens la caisse, calcule les recettes. Je m’occupe des dossiers statistiques pour composer le bilan annuel à la fin de l’année sur toutes les activités. Pour cela je récupère des données auprès de mes collègues. J’établis les devis pour les réservations des différents groupes (qui viennent visiter les expositions), en lien avec Sylvie, responsable administrative et financière.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Tu travailles donc avec toute l’équipe ?

Nadza Sosevic : Oui avec la communication, la médiation, l’administration et la direction.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : En effet, tu es une personne centrale pour les différents pôles du ZOOM. Tu observes les publics, fais des retours sur les habitudes de visite, les remarques des visiteurs et visiteuses, …

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : À ton arrivée au ZOOM, tu avais déjà une sensibilité aux sciences ou c’est quelque chose qui s’est développé progressivement ?

Nadza Sosevic : Pas du tout, à part faire un bac scientifique, je n’étais pas du tout dans ce domaine-là. Personnellement avant d’arriver en France, j’étais dans le commerce et en économie, ça n’a rien à voir avec les sciences et le lieu où je suis depuis presque 30 ans, mais j’aime beaucoup. Le fait de travailler dans un centre de culture scientifique, ça permettait aussi de s’enrichir au fil du temps et de renouveler mes connaissances que j’ai déjà eues à la base. D’être à jour, si je peux dire comme ça, dans beaucoup de domaines concernant les sciences, c’est vrai qu’avec les changements de thèmes des expositions, on se renseigne un petit peu, on lit, donc ça permet d’être toujours dans l’actualité. Ce qui est un côté merveilleux en fait, il ne faut pas le négliger, c’est très enrichissant pour moi personnellement aussi.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Toujours concernant tes débuts au CCSTI, quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ? (ndlr : Nadza Sosevic est originaire de Bosnie)

Nadza Sosevic : Au début ce n’était pas facile. La barrière de la langue était bien présente, et j’avais dit tout de suite à mes collègues de me corriger parce que sinon je n’apprendrais jamais. Je me rappelle d’une exposition sur les maquettes de bateaux transatlantiques présentée à la Perrine. On m’avait choisie pour être guide de cette exposition. J’ai appris par cœur le texte de 2-3 pages, je travaillais à la maison, je récitais le texte à mon mari et tous les jours j’allais au travail étonnée. Pourquoi moi ? Pourquoi je devais guider les gens avec mon accent très fort et un manque de vocabulaire important ? Je me rappelle encore des mots que j’ai appris.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Peux-tu nous raconter une journée type avec toi, pendant les vacances scolaires ?

Nadza Sosevic : En général, c’est une période qui est très bien fréquentée ici. On ouvre, on prépare le poste bien sûr, on vérifie la bonne tenue de l’espace d’exposition, s’il le faut, faire un petit ménage, on vérifie et voilà ! À 10 heures, c’est l’ouverture et le public arrive. Ça dépend des thèmes de l’exposition, mais souvent ce sont de très belles journées avec une belle fréquentation. On ne voit pas le temps passer. Il faut accueillir tout ce monde-là, donner des petites explications, essayer d’avoir le sourire tout le temps, donc en général ça se passe bien peu importe le nombre de personnes. Il y a bien sûr la pause de midi pour récupérer un peu de force, avant de revenir pour répondre au téléphone, donner des informations, faire des petits tours dans l’expo. Et le soir il y a les comptes à vérifier.
La période est assez intense, mais en même temps on aime bien cette période parce que c’est tellement vivant, c’est rempli de bruit différents. On est très sollicité·e·s, il faut faire plusieurs tâches en même temps.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Tu es la première personne que l’on voit quand on vient au ZOOM, est-ce qu’on te reconnait dans la rue ? Est-ce que tu es « la dame du ZOOM » ?

Nadza Sosevic : Quand on fait ce travail, on connaît beaucoup, beaucoup de personnes. J’ai vu grandir des enfants. J’ai eu l’occasion de me faire reconnaître : des enfants qui m’ont dit « ah je vous ai déjà vue avec l’école ». Je suis bien contente dans les moments comme ça.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Cela fait 30 ans que tu occupes ton poste. Il a évolué, notamment avec l’arrivée de l’ordinateur. Quels sont les grands changements que tu as vécus ?

Nadza Sosevic : En 1998, j’ai commencé à faire des formations concernant l’utilisation de l’ordinateur, on n’avait pas du tout d’ordinateur en accueil, on était que au papier, vraiment à l’ancienne. Après ma journée de travail, j’ai donc suivi des cours en informatique au GRETA. Je m’exerçais un petit peu à la maison personnellement, mais je ne pouvais rien appliquer de tout ça au travail parce qu’il n’y avait pas d’ordinateur. Quelques années après, quand on a eu l’ordinateur, il n’y avait que moi qui étais apte à faire des petites choses. Il fallait que je répète tout ce que j’avais appris parce qu’on oublie, bien sûr, si on ne s’exerce pas. Et petit à petit, ça s’est informatisé, j’étais toujours bien occupée parce qu’il n’y avait que moi qui pouvait faire ce qu’on me demandait de faire à l’accueil. Stéphanie Piau (ndlr : responsable administrative et financière de 2000 à 2007), qui était super accessible, c’est avec elle que j’ai appris énormément de choses. Elle m’a confié des tâches, comme les dossiers statistiques que je fais encore aujourd’hui ou le publipostage. C’était pour la soulager, l’accompagner et moi, ça me permettait d’apprendre des choses et d’être occupée, vraiment j’étais toujours occupée et je ne m’ennuyais jamais et je salue l’arrivée de l’informatique (rires). C’était un grand moment dans mon travail. On m’a toujours sollicitée, parmi le personnel de l’accueil, d’un côté c’était très bien, j’ai appris des choses et j’apprends toujours, je suis toujours une petite débutante par rapport aux connaissances de mon collègue Mathieu (ndlr : chargé d’accueil et assistant de communication).

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : As-tu tu le souvenir d’une mission un peu farfelue que l’on t’a demandé de faire ?

Nadza Sosevic : Oh j’ai fait beaucoup de choses ! On m’a envoyée faire le ménage avec une collègue dans la Tour Rennaise. On a pris l’aspirateur, le balai, on arrive et on entre dans l’espace dans lequel il y avait un concert de musique classique (rires). Qu’est-ce qu’on a rigolé après ! On m’a aussi envoyée écraser une araignée (rires), nettoyer les collections scientifiques du Musée des sciences, en faire l’inventaire.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Parmi toutes les expositions accueillies au ZOOM, quelle est celle que tu as préféré ou bien celle qui t’a le plus marqué ?

Nadza Sosevic : Il y en a beaucoup de très sympas. Je dirais l’exposition « Très toucher » (ndlr : du 13 avril au 31 juillet 2004), qui se visitait pieds nus. Elle était très fréquentée. La scénographie était très bien pour l’époque. Je pense qu’on était le seul endroit en Mayenne où les gens pouvaient voir ce type d’exposition. Même aujourd’hui, je pense que des expos qui touchent tout le monde, notamment les enfants, comme « Mondo Minot » (ndlr : du 6 avril au 3 novembre 2019) ou « Fragile » (ndlr : du 23 mars au 3 novembre 2024). Le ZOOM est le seul endroit où les Lavallois·e·s et les Mayennais·e·s peuvent découvrir des thématiques présentées sous un autre aspect.

Pôle communication (Sophie et Mathieu) : Cette année, cela fait 30 ans que tu travailles ici et c’est aussi les 30 ans du ZOOM. Qu’as-tu envie de souhaiter à l’association avant ton départ en retraite ?

Nadza Sosevic : Du succès, que du succès, d’avoir des belles expositions, d’avoir un joli endroit accessible pour pouvoir exercer pleinement toutes vos activités, tout ce que vous avez envie, ça serait trop cool !