Nous vivons dans un monde où l’information est multiple, permanente, continue et abondante.
Cet apport massif de données (parfois factuelles, parfois trompeuses, parfois mensongères…) impacte incontestablement nos comportements, nos capacités de prises de recul et de décision et plus largement notre traitement des actualités.
Un contexte d’infodémie
Ainsi, face à une multitude d’informations, assurer un tri efficace entre fausses informations, mauvaises informations et informations vérifiées n’est clairement pas chose aisée.
Depuis 2020, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a d’ailleurs créé un néologisme pour illustrer la propagation rapide et importante de fausses informations : l’infodémie (mot issu de la fusion des termes « information » et « épidémie »). Une contagion de fakenews qui déferle à grande vitesse et qui, petit à petit, fragilise la distinction entre faits, croyances et opinions.
En parallèle de cela, il est important de noter que notre cerveau a pour tendance d’attribuer une plus grande confiance aux informations qui confirment nos croyances, de préférer les données que l’on obtient ou comprend immédiatement plutôt que celles qui mériteraient de croiser les sources… On parle alors de biais cognitifs. Ils sont nombreux et impactent notre rapport à la réalité. Nous sommes toutes et tous soumis·e·s à ces derniers régulièrement et il est important de noter qu’ils ne sont pas toujours problématiques. Cependant, ils orientent notre jugement sans que l’on en soit pleinement conscient·e.
Voici quelques exemples de biais cognitifs pour illustrer le propos :
- L’appel à la probabilité : nous prenons quelque chose pour vrai parce que cela peut être le cas d’un point de vue probabilité.
- L’effet Ikea (oui, soyons honnêtes, j’ai choisi celui-là parce que son intitulé m’amuse) : nous avons tendance à accorder une valeur supérieure aux produits que nous avons partiellement créés.
- Le biais de représentativité : nous considérons un ou certains éléments comme représentatifs d’une population.
Développer une pensée critique
Face aux informations abondantes – voire écrasantes – et les biais cognitifs dont nous sommes empreint·e·s, il est essentiel de mobiliser notre esprit critique pour démêler et écrémer les données. En bref, il est important de remettre en question les sujets et de prendre le temps de réfléchir.
Oui mais ne dit-on pas que « le temps c’est de l’argent » me direz-vous. Euh… stop à cette expression non ? « Prendre le temps » n’est pas nécessairement synonyme de « perte de temps » ou de « manque de productivité ». En réalité, c’est essentiel de prendre le temps de penser, de partager, de se tromper, de se relever, d’apprendre, d’écouter, d’analyser ou encore de douter.
Ainsi pour faire preuve d’esprit critique, il faut accepter que, parfois, nous puissions nous tromper… Ou, plus précisément, être trompé·e par notre cerveau si l’on ne prend pas le temps de prendre du recul. Difficile à accepter ? Et pourtant l’erreur fait partie intégrante de la production de savoirs ! On est bien d’accord, analyser les informations de manière approfondie, c’est coûteux en temps et en énergie. Ce n’est donc pas notre réflexe premier. Mais faire appel à notre pensée critique et réflexive, notamment lorsqu’une information nous étonne ou provoque une vive émotion, nous permet d’interroger et d’investiguer. Et sur les sujets science/société qui nous entourent, c’est crucial.

C’est pourquoi, le ZOOM développe plusieurs actions autour de cette grande thématique qu’est l’esprit critique :
| Parcours « Esprit critique » |
| Durée : 2 interventions de 2 heures environ Public cible : à partir de 12 ans |
| À l’ère des réseaux sociaux et de la diffusion d’informations en masse, aiguiser son esprit critique est un enjeu de société ! Ce parcours invite ses participant·e·s à découvrir ce qu’il se cache derrière cette notion complexe, à donner des clés pour renforcer leurs compétences et attitudes à mobiliser pour faire preuve d’esprit critique et à calibrer leur « thermomètre de confiance » vis-à-vis des info/infox. |
| Si vous souhaitez des idées de ressources pédagogiques complémentaires ou si vous avez des questions en lien avec ce parcours, vous pouvez contacter Clothilde Aubert par mail à clothilde.aubert@zoom.laval.fr ou au 02 43 49 85 93. |
| Atelier « Démêler le vrai du faux ? » |
| Durée : 2 heures Public cible : à partir de 12 ans |
| Démêler le « vrai » du « faux », faire confiance, partager une information fiable… À l’heure du numérique et des réseaux sociaux, ces capacités sont mises à l’épreuve au quotidien. Au travers de cet atelier à vivre en groupe, les participant·e·s sont amené·e·s à se questionner sur ce qu’on appelle « esprit critique » et comment on peut l’aiguiser dans un contexte où les informations sont produites en masse. Au cours de cette intervention, les participant·e·s sont invité·e·s à jouer à Ocytocine, un jeu développé par Le Dôme et l’association Kruptos. |
| Pour réserver l’atelier, vous pouvez contacter le ZOOM au 02 43 49 47 81 ou par mail à centrederessources@zoom.laval.fr. |
Et après ?
Et bien ça ne va pas s’arrêter là. Le ZOOM travaille actuellement sur la mise en place d’une offre de formation à destination des professionnel·le·s qui inclura, entre autres, une formation dédiée à l’esprit critique et la mobilisation de la démarche scientifique. Car la démarche scientifique est fondée sur un processus qui consiste à observer, élaborer des hypothèses, expérimenter, interpréter, se réajuster, élaborer de nouveau des hypothèses, réessayer, puis répéter et enfin conclure. Les deux notions s’entrecoupent donc naturellement.
Alors si vous avez envie de (re)prendre le temps avec nous, n’hésitez pas à nous contacter ! Et en attendant, si le sujet de l’esprit critique vous intéresse, voici quelques ressources qui pourront vous intéresser :
- Une BD à dévorer : Fakenews, l’info qui ne tourne pas rond
- Un livre à découvrir : Résister aux fakenews
- Une plateforme à consulter : Spicee éduc
- Une autre plateforme à fouiller : Clemi
- Une vidéo à ne pas louper : Fake news : qu’est-ce qui trompe notre cerveau ?
Par Julie Poirier, directrice du ZOOM
